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Le grand départ

10/6/2009 -

Le grand départ

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Le clair de lune éclairait à peine mes yeux secs qui n'aurait pas dû. Elle avait beau être presque pleine, il n'y avait rien à montrer, aucune noirceur à éclairer, aucune goutte à faire reluire. Pourtant il aurait bien fallu.
Tout ce que j'ai reçu d'elle qui aurait du être un baiser n'en était pas un. Oui j'aurais bien aimé. Là, peut-être que le chagrin aurait été visible, que des sanglots, même des peux de pleur, des parts de tristesse, auraient pu lui couler dans les cheveux que je sentais pour une dernière fois avant longtemps. Je n'ai pu que l'étreindre une dernière fois, les mains sincères mais le coeur absent. La grande tragédie ne se produisit pas, le renversement de l'homme en ruine fut absent, le moment où le coeur se coince et le tremblement se fait sentir fut en retard.
En retard parce que maintenant qu'elle n'est plus dans mes bras, le vide se fait sentir par son assiduité. Les murs sont bruns, les gens le sont aussi, et brun marde, et le soleil rayonne à peine moins brun que le reste. Mais on peut en vouloir à qui? Personne, parce que c'est comme hier. Le même teint qu'hier. Juste que sa couleur écarlate à elle n'est plus là. Mais à qui on peut en vouloir? Personne, et encore moins à elle. Je n'aurais pas voulu qu'elle reste.
Juste qu'on puisse se dire au revoir. Pour de vrai.
Il aurait pu y avoir de la musique, et puis les deux on aurait été seul et ensemble, mais avec personne, et puis nos regards en eau auraient pu se perdre des les nuages de salutation d'usage dans ces cas là mais que personne se rappelle pareil après. Ces mots qui font tellement de bien à entendre et tellement de dommage à dire, parce que tout le monde les a déjà dites de toutes façon, et que, même si on y croit, leur caractère intemporel leurs enlève de la crédibilité. Ouais, c'est pour ça qu'ils font mal, et pas parce qu'il faut les dire que lorsque quelqu'un s'en va. Les mots, donc, auraient coulés comme les larmes sur le plancher, tout aurait été douleur partout, les casseroles par terre n'auraient été que le décor découlant logiquement de cet enchevêtrement de tourment. Mes doigts se seraient crispés parce que maudit je veux pas que tu partes, les tiens aussi parce que merde comment j'vais faire sans toi. Nos têtes auraient été des pôles inverse et nos yeux auraient voulu se suivre jusque par delà la porte de la cuisine, jusque par delà le mur qui suit l'entrée, jusque par delà la fenêtre qui donne sur la cour, jusque par delà le fait que plus rien de nous se reverrait. Pas avant trop de mois. Pas, en avant, trot. Moi je resterais seul à marcher et toi tu serais encore plus resté même si c'est toi qui part, parce que c'était chez vous et que tu partirais juste le matin du demain. L'air frais de la nuit avancée ne me ferait plus rien. Les pas étouffés de moi qui ne saurait plus trop comment respirer serait sans glas. Toute volonté m'aurait abandonnée sinon celle de courir t'embrasser une dernière fois. Mais il n'aurait pas fallu parce que la les dernier adieux n'aurait plus été les derniers. Vous savez comment ça fait. On veut pas partir, puis on se brise le coeur à force de faire des faux départ, puis un moment il faut partir pour vrai parce que sinon ça pu de bon sens, parce que sinon ça devient pathétique, pis là on part. Mais même rendu à ce là qu'on part, on aurait le goût de revenir encore une dernière fois, pour faire encore plus dramatique, encore plus. Mais y faut pas, le climax est atteint. Ça serait mauvais pour l'histoire. Je serais donc resté dans la rue qui ne saurait plus trop comment me porter à marcher avec mes jambes raides comme du bois pleins de noeuds. Toi, tu te serais couchée sans pouvoir fermée l'oeil encore plein d'eau. Tes sanglot auraient tranquillement accompagnés le silence de la nuit par un rythme instable, toujours plus lent, contenant toujours plus des ces silence qui font mal à voir. La nuit noire dans une maison comme la nuit, le tic-tac lointain d'une horloge achetée en vacance, la réverbération de la lumière doré, trop doré, des lampadaires, la cuisine aussi mal rangée qu'au soir, le salon plat, les chaises qui attendent de servir puis, dans une chambre, au fond, la porte encore entrebâillée, une jeune femme qui ne dort pas mais qui respire trop lourdement, la tête dans sa douillette qui n'est plus douillette du tout, et ses sanglots arythmiques qui éclatent doucement, comme si elle avait voulu les retenir mais qu'elle en était incapable, doucement, comme si elle n'avait voulu déranger personne même si il n'y avait personne. Il n'existe rien de plus navrant sur cette terre.
Il aurait pu y avoir tout ça. Mais la lune blanche n'a rien éclairée dans mes yeux, sinon du désespoir, mais sec, mais rude, mais comme si j'étais un homme, voyons. Tout a été dans les mains, mes mains qui t'enserrent une dernière fois avant trop longtemps, avant qu'ils aient oublié comment faire. Je crains fort que les mains ne te fassent pas le même effets que les pleurs mêlés aux mots. Mais moi j'avais les maux dans les mains et le vide dans la tête. Comme si il ne fallait plus y penser, déjà, mais ce n'est pas ça, promis.
Parce que j'y pense encore. Quand ça fait trop mal, on ne sent plus rien, quand ça fait trop de mal, on ne pleure plus.
Si il y a quelques choses qu'on ne peut pas rejouer, c'est bien les adieux. Saches seulement que j'aurais voulu que ça soit un peu mieux que ce que j'ai pu t'offrir. On offre mal des adieux, c'est vrai, mais moi je te les ai mal donnés. Je ne veux pas te bouleverser avec tout ça, au contraire. Je souris à l'idée que tu respires enfin. Je le redis, j'aurais pas voulu que tu restes.
C'est juste que là, maintenant que le brun me saute dans la face, je comprend un peu trop qu'est-ce que je viens de perdre.
Ça aurait pu être bien différent, ça ne l'a pas été. Qu'est-ce qu'on peut y faire? Mais rien. Mais rien. Comme si on avait déjà pu faire quelque chose. Et pourquoi, au fond, j'aurais voulu faire ça comme ça? Mais je ne sais pas.
Ah, si.
Peut-être qu'au fond, ça aurait été ma façon de te dire
Tu penseras un peu à moi, là-bas.

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6/10/2009 - Quand bien même...

Posted by devant mes écrans
Quand on frappe un enfant, les excuses ne comptent pas. Il se rappellera à jamais de la baffe qu'on lui a mise.
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